Le Soir: Les familles les plus fortunées de Belgique et leurs 91 milliards d’euros au Luxembourg

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lundi, 22 juin, 2026

Une enquête menée par « Le Soir » et « De Tijd » révèle de manière inédite l’ancrage belge au Luxembourg. Près de 10.000 Belges y contrôlent plus de 11.000 sociétés, cumulant des actifs financiers colossaux.

Denis-Emmanuel Philippe a été interviewé dans Le Soir dans le cadre d’un article intitulé: ‘Les familles les plus fortunées de Belgique et leurs 91 milliards d’euros au Luxembourg’.

En 2021 déjà, « Le Soir » révélait que 10.066 Belges étaient bénéficiaires économiques d’au moins une société luxembourgeoise : un nombre qui en cinq ans n’a quasiment pas diminué.

« Les structures luxembourgeoises utilisées par les résidents belges ont, dans leur écrasante majorité, pour vocation de détenir un patrimoine financier, et non un patrimoine professionnel », intervient l’avocat Denis-Emmanuel Philippe (Bloom Law), spécialiste en droit fiscal belge et luxembourgeois. Même si, en matière de holdings, nuance-t-il, l’avantage du Luxembourg sur la Belgique s’est fortement atténué depuis la réforme de l’impôt des sociétés entré en vigueur en 2018 :

« N’oublions pas que toute distribution de dividendes par une Soparfi (société de participations, NDLR) à un actionnaire particulier belge donne lieu à une double imposition : à la retenue à la source de 15 % au Luxembourg s’ajoute un impôt de 30 % en Belgique. » De plus, poursuit Me Philippe, « le fisc belge dispose de plus en plus de munitions pour contrer l’utilisation de Soparfi, comme la taxe Caïman ou la mesure anti-abus de la directive mère-fille ».

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« Un des grands atouts du Grand-Duché reste sa stabilité politique et fiscale », reprend Denis-Emmanuel Philippe. « Démanteler des structures holdings au Luxembourg peut conduire à une taxation fort lourde des actionnaires en Belgique, ce qui permet aussi de comprendre pourquoi certaines familles belges préfèrent les conserver. Et puis, il peut parfois être difficile d’expliquer aux banques belges l’origine de ce patrimoine financier, surtout lorsqu’il est logé au Luxembourg depuis des dizaines d’années. »

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Troublant, minimaliste, mais pas forcément illégal, prévient Denis-Emmanuel Philippe, car « une holding n’a pas besoin d’avoir beaucoup de substance, contrairement à une société opérationnelle, pour mener à bien son activité (…) Elle n’a par exemple pas besoin d’avoir dix employés pour regarder des lignes d’investissement dans les comptes ».

Lire aussi l’ article dans Le Soir.

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